Il est 5h42 à Zurich. Un chef de chantier ouvre les portes du dépôt pendant que l'équipe charge le matériel dans les véhicules de l'entreprise. À 6h00, ils sont sur la route - un conducteur, deux passagers, et un trajet de 90 minutes jusqu'à un chantier près de Lausanne.
Sous les anciennes règles, ce qui se passe ensuite - qui est payé pour ce trajet, combien, et pendant combien de temps - pouvait varier d'une entreprise à l'autre. Certaines s'appuyaient sur des registres manuscrits. D'autres utilisaient des estimations informelles. Quelques-unes n'avaient rien du tout.
Cette ambiguïté prend fin avec la CN 2026-2031.
La nouvelle Convention Nationale (CN) du secteur principal de la construction en Suisse introduit des règles précises et contraignantes concernant l'indemnisation du temps de trajet, le traitement des conducteurs et des passagers, les seuils d'heures supplémentaires et les exigences en matière de documentation.
Pour les entreprises qui gèrent des équipes mobiles sur plusieurs chantiers, les enjeux sont concrets : l'exactitude de la paie, la préparation aux audits et la clarté opérationnelle dépendent toutes de la connaissance précise du moment où un trajet a commencé, de sa durée, et des personnes présentes dans le véhicule.
La nouvelle CN 2026-2031 introduit des règles plus claires concernant le temps de trajet, les heures supplémentaires et la documentation du personnel dans le secteur de la construction.
Les principaux changements sont les suivants :
Pour les conducteurs, le temps de trajet est indemnisé dès la première minute et est considéré comme du temps de travail. Pour les passagers, art. 49 al. 3 : jusqu'à 20 minutes de temps de trajet aller-retour (30 min jusqu'au 31.12.2028, puis 25 min en 2029, 20 min dès 2030), mesurées avec Google Maps, sont couvertes par l'indemnité de chantier (art. 55 : CHF 4.- en 2026 → 6.50 en 2027 → 9.- en 2028), tandis que le temps de trajet supplémentaire doit être indemnisé séparément en tant que temps de travail.
Alors que le temps de trajet devient plus étroitement lié aux processus de paie et de conformité, de nombreuses entreprises de construction recherchent des moyens plus fiables de documenter les déplacements des véhicules, la durée des trajets et les déplacements du personnel sur plusieurs chantiers.
Des plateformes de gestion de flotte comme Logifleet 360° aident les entreprises à améliorer la visibilité du temps de trajet, à automatiser l'historique des trajets et à soutenir un reporting plus cohérent pour les équipes RH, paie et opérations.

Le changement fondamental apporté par la nouvelle convention est une distinction claire, basée sur le rôle, entre conducteurs et passagers. Les règles s'appliquent spécifiquement aux trajets entre les points de rassemblement ou les dépôts et les chantiers, et non aux trajets domicile-travail ordinaires.
Tout employé qui conduit un véhicule d'entreprise jusqu'au chantier est indemnisé dès la première minute de temps de trajet éligible. Il n'y a aucun seuil à atteindre, aucune indemnité venant en compensation. Le décompte commence lorsque le véhicule quitte le dépôt.
Pour les employés voyageant en tant que passagers, les 30 premières minutes de temps de trajet quotidien sont couvertes par l'indemnité de chantier. Tout trajet au-delà de 30 minutes doit être indemnisé séparément au taux du salaire de base.
Dans les modèles de calendrier de travail flexible / annualisé, le temps de trajet dépassant 60 minutes par jour est crédité sur le compte d'heures supplémentaires de l'employé plutôt que payé le mois suivant (ce seuil passe à 90 minutes dans les modèles à horaire constant) (CN 2026-2031, Baumeister). Dès que le temps de travail productif combiné au temps de trajet dépasse 50 heures sur une même semaine, l'excédent n'est plus crédité sur ce compte du tout : il doit être payé immédiatement au salaire de base majoré d'une prime de 25 % (Séminaire CN/CCT-VS, AVE-WBV).
Ces seuils s'accumulent rapidement. Prenons l'exemple d'une longue journée de chantier pour un membre d'équipe : 165 minutes de trajet aller-retour plus 8 heures sur site. Les 105 minutes au-delà du seuil de 60 minutes sont créditées en heures supplémentaires ce jour-là. Répétez ce schéma sur une semaine de 5 jours et le temps combiné travail plus trajet atteint environ 54 heures, dépassant déjà le plafond de 50 heures et déclenchant la prime de 25 % sur l'excédent. Notons que les conducteurs relèvent d'un régime distinct, indemnisés en tant que temps de travail dès la première minute de trajet ; leur exposition aux heures supplémentaires passe donc presque entièrement par le mécanisme des 50 heures / 25 %, plutôt que par le seuil journalier de 60 minutes (Séminaire CN/CCT-VS, AVE-WBV).
Sur une flotte de 20 véhicules et des dizaines de membres d'équipe, des heures supplémentaires et une exposition à la prime non suivies de ce type deviennent rapidement un risque financier et de conformité important.
L'indemnité de chantier s'applique aux jours de travail durant lesquels un employé passe au moins 4,5 heures sur site. Les montants journaliers augmentent progressivement :
|
Année |
Indemnité journalière |
Éligibilité |
|
2026 |
CHF 4.-/jour |
Journées de travail avec 4,5 h+ sur site |
|
2027 |
CHF 6.50/jour |
Journées de travail avec 4,5 h+ sur site |
|
Dès 2028 |
CHF 9.-/jour |
Journées de travail avec 4,5 h+ sur site |
Les règles abstraites deviennent concrètes lorsqu'elles sont appliquées à des journées de travail réelles. Les cinq scénarios suivants, tirés d'opérations de construction typiques, montrent comment le temps de trajet, les heures payées et les heures supplémentaires s'accumulent selon le rôle de l'employé et la structure du trajet.
Le tableau ci-dessous résume les cinq cas :


Les règles de la CN sont claires. Le défi consiste à les appliquer de manière cohérente, à grande échelle.
Voici ce qu'une équipe paie ou RH doit vérifier à la fin de chaque semaine de travail :
Multipliez maintenant cela par 15 véhicules, 40 membres d'équipe et trois chantiers actifs.
Les systèmes manuels (feuilles de temps manuscrites, déclarations des chefs d'équipe, tableurs fragmentés) ne sont pas intrinsèquement illégaux, mais ils sont difficiles à standardiser, à vérifier lors d'un audit et à réconcilier en cas de divergences.
En pratique, cela se traduit généralement par deux conventions concurrentes qui coexistent : certains chantiers appliquent une indemnité forfaitaire quotidienne (généralement 30 minutes, jugée globalement équitable car elle s'équilibre à l'échelle du personnel), tandis que d'autres calculent un temps de trajet théorique par chantier à l'aide de Google Maps. Aucune des deux méthodes n'est illégale, et chacune a sa logique, mais ni l'une ni l'autre ne produit un enregistrement horodaté de ce qui s'est réellement passé ; et plus le personnel est complexe, plus ces processus deviennent fragiles.
Quatre défis opérationnels reviennent le plus souvent :

Comprendre les règles est une chose. Les appliquer de manière cohérente sur 15 véhicules, trois chantiers actifs et 40 employés, chaque semaine, en est une autre. Les cinq scénarios ci-dessus montrent à quelle vitesse les calculs de temps de trajet deviennent complexes : rôles différents, structures de trajet différentes, expositions aux heures supplémentaires différentes. Les plateformes de gestion de flotte comme Logifleet sont conçues précisément pour cette réalité opérationnelle.

L'exigence la plus fondamentale de la CN 2026-2031 est de documenter le temps de trajet effectif entre les points de rassemblement et les chantiers.
Le module de reporting de Logifleet enregistre automatiquement la durée totale du trajet, le lieu de départ et le lieu d'arrivée pour chaque déplacement. Les équipes RH peuvent vérifier d'un coup d'œil que les trajets ont bien commencé depuis un lieu de départ autorisé (dépôt, point de prise en charge) et non depuis le domicile d'un conducteur, et que les durées de trajet correspondent à ce qui a été déclaré.
Pour les cas 1 et 2 en particulier, où les conducteurs accumulent un temps de trajet payé important dès la première minute, disposer d'un enregistrement de trajet précis et auditable élimine toute ambiguïté dans le calcul de la paie.


Tout trajet long n'est pas un problème de conformité. Le trafic, un détour, un arrêt intermédiaire, une livraison en cours de route : tout cela peut prolonger un trajet au-delà des attentes normales.
L'historique cartographique et la vue chronologique de Logifleet permettent aux équipes opérationnelles de reconstituer visuellement n'importe quel trajet : chaque segment, chaque arrêt, l'itinéraire complet dans l'ordre.
Chaque trajet est également lié aux personnes réellement présentes à bord.
Les conducteurs sont configurés sur la plateforme et généralement liés à un véhicule fixe ; lorsqu'un conducteur n'est pas assigné en permanence à un véhicule, il s'identifie via un lecteur de badge installé dans le véhicule ou via l'application mobile Logifleet. Les passagers sont configurés de la même manière sur la plateforme, chacun disposant d'un badge BLE personnel : dès qu'ils se trouvent dans un véhicule d'entreprise en mouvement, leur temps de trajet est capturé automatiquement, sans qu'aucun enregistrement manuel ne soit nécessaire. Résultat : chaque rapport de trajet indique non seulement l'itinéraire et la durée, mais aussi le conducteur et chaque passager associé à ce trajet spécifique.
Cela compte particulièrement dans les cas 2 et 4, où les longs temps de trajet font dépasser le seuil journalier de 60 minutes.
Lorsqu'un responsable peut consulter l'itinéraire exact, voir qui conduisait et qui était passager, et expliquer l'écart constaté, un litige potentiel devient une simple conversation, pour chaque personne présente sur ce trajet, et pas seulement pour le véhicule.

Les véhicules utilisés pour des courses personnelles en dehors des heures de travail ne devraient jamais apparaître dans les calculs CN. Les outils de filtrage de Logifleet permettent aux équipes d'isoler les trajets par période, conducteur, véhicule, plage horaire et jour de la semaine. Les déplacements professionnels pendant les heures de travail sont clairement séparés de toute activité en dehors de cette plage, ce qui rend l'analyse relative à la paie plus rapide et plus défendable.

Logifleet permet aux entreprises de programmer des rapports récurrents et de les distribuer automatiquement par e-mail, exportés au format PDF ou XLS. Les RH, la paie, les chefs de projet ou la direction peuvent recevoir un résumé hebdomadaire structuré des trajets sans que personne n'ait à le compiler. Alors que les exigences de documentation de la CN 2026-2031 s'intègrent aux opérations courantes, supprimer l'étape manuelle n'est pas un simple confort : c'est un moyen de maîtriser le risque.

Le cas 5 illustre pourquoi les données au niveau du véhicule ne suffisent pas. Un passager pris en charge en cours de route a un temps de trajet différent de celui du conducteur, et donc un résultat de paie différent. Les rapports de trajet détaillés de Logifleet enregistrent l'heure de départ, le lieu, la durée, l'identité du conducteur et les passagers transportés, fournissant aux RH les données granulaires nécessaires pour calculer correctement l'indemnisation de chaque individu, et pas seulement du véhicule dans son ensemble.
Ce niveau de détail rend également l'analyse des heures supplémentaires gérable. Plutôt que d'estimer qui pourrait avoir dépassé le seuil hebdomadaire de 50 heures, les équipes paie peuvent voir exactement qui l'a fait, de combien, et quels jours.
Prenons un cas plus typique : un départ à 6h00 dans la même région, arrivant sur site 45 minutes plus tard, avec un conducteur et deux passagers. Sous la CN 2026-2031, leur temps de trajet est traité différemment, leur indemnisation est calculée différemment, et leur contribution aux seuils d'heures supplémentaires diffère.
Aujourd'hui, la plupart des entreprises gèrent cela avec une indemnité forfaitaire quotidienne (20 à 30 minutes, selon le calendrier de mise en œuvre de la CN) ou une estimation théorique Google Maps par chantier.
Le taux forfaitaire est simple mais aveugle à la distance réelle et ne distingue pas le temps du conducteur de celui du passager : dans ce cas, il sous-estimerait un trajet de 45 minutes. La méthode Google Maps est sensible à la distance mais reste une projection, pas un enregistrement : elle ne tient pas compte des détours réels, des prises en charge multiples ni des horodatages effectifs. Aucune des deux méthodes ne produit le journal traçable et auditable désormais exigé par la CN 26-31.
Obtenir ces calculs correctement, de manière cohérente, traçable et à grande échelle, c'est ce qui distingue les entreprises prêtes pour ce nouveau cadre de celles qui ne le sont pas. Les données de flotte ne remplacent pas les règles ; elles les rendent gérables.
Les entreprises qui mettent en place tôt une documentation fiable du temps de trajet seront mieux positionnées, non seulement pour la conformité, mais aussi pour la clarté opérationnelle qui découle du fait de savoir exactement comment leur personnel se déplace.
Tout le temps de trajet compte-t-il comme temps de travail payé ?
Non. Pour les conducteurs, le temps de trajet éligible entre le dépôt ou le point de rassemblement et le chantier est indemnisé dès la première minute. Pour les passagers, les 30 premières minutes par jour sont couvertes par l'indemnité de chantier ; le temps de trajet supplémentaire est indemnisé au taux du salaire de base. Les règles relatives au trajet domicile-travail peuvent varier selon l'organisation opérationnelle.
Quels enregistrements les entreprises doivent-elles conserver ?
Les entreprises devraient conserver des enregistrements cohérents et vérifiables des durées de trajet, des points de départ et d'arrivée, du statut conducteur/passager, et de tout calcul de paie lié aux trajets. Un reporting fiable est particulièrement important pour examiner l'exposition aux heures supplémentaires ou répondre à des litiges de paie.
La CN 2026-2031 exige-t-elle un suivi GPS ?
Non. La convention n'impose pas de systèmes GPS. Cependant, les données de flotte automatisées réduisent considérablement la complexité administrative liée aux exigences de documentation créées par les règles, en particulier pour les entreprises gérant plusieurs véhicules et chantiers simultanément.
Pourquoi la distinction conducteur/passager est-elle si importante ?
Parce que la logique d'indemnisation diffère dès la première minute. Un conducteur effectuant un trajet de 90 minutes est payé pour 90 minutes. Un passager sur le même trajet est payé pour 60 minutes (90 moins la déduction de 30 minutes). Sur une semaine complète et pour une équipe nombreuse, cette distinction a un impact significatif sur les calculs de paie et d'heures supplémentaires.
Comment un logiciel de flotte facilite-t-il ce processus ?
Les plateformes de flotte peuvent documenter automatiquement les durées de trajet et l'historique des itinéraires, vérifier les lieux de départ et d'arrivée, aider à différencier conducteurs et passagers, signaler une exposition potentielle aux heures supplémentaires, et générer des rapports structurés pour la revue RH ou paie, sans nécessiter de saisie manuelle après chaque journée de travail.
En Budron H9
CH-1052 Le Mont s / Lausanne
T +41 21 651 06 51
Merkurstrasse 25
CH-8400 Winterthur
T +41 71 277 52 47